
Des fumées nauséabondes, des odeurs de bitume qui s’infiltrent jusque dans les habitations à La Garde. Tout le monde constate le problème… sauf, apparemment, la majorité municipale. Car malgré une longue série de plaintes de la part des riverains depuis 2019, nous assistons à un silence assourdissant de la part de nos élus en place.
Une affaire qui dure depuis 2019
Le problème ne date pas d’hier. Dès 2019, la mairie avait été alertée des nuisances provoquées par l’usine d’enrobés de la société SVCR : odeurs âcres, maux de tête, nausées. La Préfecture et la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) ont réalisé des mesures, concluant à une conformité aux normes légales. Pourtant, ces normes “respectées” ne changent rien au fait que des centaines de Gardéens continuent de subir quotidiennement les désagréments.
Des engagements non tenus…
À en croire la municipalité, la société SVCR devait mettre en œuvre diverses solutions : un diffuseur de vapeur sèche avec neutralisant d’odeurs, la réhausse d’une cheminée, l’utilisation de bitume de synthèse chauffé à température plus basse… Où en sont ces engagements ? Le silence de la mairie est aussi opprimant que les fumées qu’elle semble ignorer. D’après les témoignages, les nuisances se reproduisent avec une inquiétante régularité. Comment expliquer que l’équipe majoritaire ne soit pas en mesure de vérifier si les travaux ont été menés à bien ?
… et des citoyens laissés pour compte
L’association « Enrober sans se faire enfumer à La Garde », fondée pour dénoncer ces nuisances, avait d’abord pointé l’inefficacité des mesures. Puis, courant 2020, constatant une légère accalmie, elle s’est dissoute. Pourtant, les plaintes ont repris de plus belle début septembre. Il n’y a plus d’association pour porter ces voix, laissant les habitants livrés à eux-mêmes. Quant à la municipalité, on nous répond aujourd’hui qu’elle “regrette de ne pouvoir intervenir” : un aveu d’impuissance inadmissible quand on se prétend garant du bien-être de la population.
Une majorité absente et passive
Qu’a fait concrètement Mme le Maire pour suivre ce dossier ? A-t-il pris la peine de contrôler l’état d’avancement des travaux promis par SVCR ? Où est la fameuse concertation annoncée avec la Préfecture et la DREAL ? Tout laisse à penser que rien n’a été fait pour améliorer durablement la situation. De toute évidence, il est plus facile de s’abriter derrière des relevés théoriquement “conformes” que de s’assurer du respect effectif des engagements industriels.
Les mesures officielles en trompe-l’œil
Les relevés de la DREAL, nous dit-on, ne montrent pas de dépassement des seuils de toxicité. Mais qu’en est-il lorsque des conditions météorologiques — comme une couverture nuageuse basse — accroissent la concentration de fumées au niveau du sol ? Les études tiennent-elles compte de tous les scénarios ? Une chose est sûre : les Gardéens, eux, ressentent pleinement les effets de ces vapeurs irritantes !
Un appel solennel à l’action
Aujourd’hui, le constat est glaçant : la majorité municipale ne communique pas et ne fait qu’acter la situation au lieu de la combattre. Pourtant, si l’un de ses membres était personnellement touché par ces odeurs, nous pouvons parier qu’on ne répondrait pas “Nous ne pouvons intervenir”…
Il est plus que temps que la mairie assume sa responsabilité. Il ne s’agit pas de mener une simple opération de communication ou de dresser des bilans creux, mais bien de faire pression sur l’industriel, de veiller à la stricte mise en œuvre des solutions annoncées et, surtout, de rendre des comptes aux citoyens.
Les habitants de La Garde méritent un air respirable, et non un discours qui sent la résignation. C’est à la municipalité de prouver qu’elle ne se complaît pas dans l’inaction et qu’elle agit pour le bien commun. Malheureusement, jusqu’à preuve du contraire, on ne voit rien de concret se profiler à l’horizon.
Il est plus que temps qu’une majorité municipale responsable prenne la parole, se range du côté des Gardéens et impose enfin un suivi efficace de ce dossier. À défaut, l’inaction actuelle ne fera qu’accentuer la défiance envers ceux qui prétendent nous représenter.